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1939 : des réfugiés espagnols à Digne

1939 : des réfugiés espagnols à Digne

 

26 janvier 1939 : les troupes nationalistes du général Franco entrent dans Barcelone, dernière grande ville d’Espagne encore aux mains des républicains. Débutée en juillet 1936, une terrible guerre civile prend fin, même si la répression des vainqueurs se poursuit et la dictature franquiste s’installe pour plus de 35 ans.

C’est le début de la Retirada, exode massif des républicains espagnols. Dans la nuit du 27 au 28 janvier, les autorités françaises ouvrent les frontières aux civils. Le 1er février, 114000 réfugiés espagnols sont déjà en France : femmes et enfants doivent être hébergés à la hâte un peu partout dans le pays.

D’où l’arrivée d’Espagnols dans notre département, en deux convois : le premier arrive à la gare de Digne le 2 février avec 1481 personnes, le second le 10 février avec 708 personnes. Grâce aux archives de la ville, nous savons que parmi les réfugiés arrivés le 2, une centaine est installée à Digne, dont 49 chez des particuliers, ce qui prouve leur solidarité. 88 autres sont installés à Chaudon-Norante, dans les bâtiments de La Clappe. (1)

En plein hiver, il faut héberger, nourrir, vêtir et soigner des femmes et des enfants traumatisés par la guerre, leur fuite, l’absence de nouvelles de leur proches, et qui n’ont plus qu’un maigre baluchon avec eux. Afin de collecter puis distribuer des aides en nature et en argent, un « Comité départemental d’accueil et d’assistance aux réfugiés » est créé le 10 février. Julien Romieu, médecin et maire de Digne, le préside.

Plus tard, pendant l’été 1939, on peut percevoir une certaine normalité avec cette photographie d’écoliers réfugiés prise à La Clappe (2).

De l’hiver 1939 au printemps 1940, l’état civil de Digne enregistre 29 naissances et 12 décès à l’hôpital, portant la mention « réfugié(e)s d’Espagne » ou « espagnol(e)s ».

80 ans plus tard, notre service des Archives communales reçoit de temps en temps des demandes d’Espagnols qui font leur généalogie et recherchent des traces de cet hiver 1939, où des membres de leur famille ont trouvé refuge à Digne.

(1) Archives communales Digne-les-Bains, 2 Q 4

1939 : refugiados españoles en Digne

 

El 26 de enero de 1939 : las tropas nacionalistas del general Franco entraron en Barcelona, la última de las ciudades importantes que todavía pertenecía al bando republicano. La terrible Guerra Civil que había empezado en julio de 1936 se acababa, aunque los vencedores proseguían con la represión, y desembocaba sobre una dictadura franquista de más de 35 años.

Esto marcó el principio de la Retirada, el éxodo masivo de los republicanos españoles. Durante la noche del 27 al 28 de enero, las autoridades francesas abrieron las fronteras a los civiles. El uno de febrero, 114 000 refugiados españoles ya estaban en Francia : hubo que alojar precipitadamente a las mujeres y a los niños por todo el país.

De ahí que llegasen a nuestro departamento españoles, mediante dos convoyes : el primero llegó a la estación de Digne el 2 de febrero con 1481 personas, el segundo el 10 de febrero con 708 personas. Gracias a los archivos de la ciudad, sabemos que entre los refugiados que llegaron ese día, un centenar se quedó en Digne, 49 en casa de particulares, lo que nos demuestra su solidaridad. Otros 88 se instalaron en Chaudon-Norante, en los edificios de La Clappe. (1)

En pleno invierno, había que alojar, cuidar, dar de comer y de vestir a mujeres y niños traumatizados por la guerra, la huida, la falta de noticias de sus parientes y que ya no poseían más que un simple petate.

El 10 de febrero con el fin de colectar y luego distribuir ayudas materiales y financieras, se creó un “Comité departamental de acogida y asistencia a los refugiados”. Lo presidía Julien Romieu, médico y alcalde de Digne.

Más tarde, durante el verano de 1939, podemos percibir cierta normalidad con la foto sacada en La Clappe de escolares refugiados (2).

Entre el invierno de 1939 y la primavera de 1940, el registro civil de Digne registra a 29 nacimientos y 12 fallecimientos en el hospital que llevan la mención “refugiado(a)s de España” o “español(es/as)”.

80 años después, nuestro servicio de los archivos comunales recibe de vez en cuando solicitudes por parte de españoles que están haciendo su genealogía y buscan huellas de este invierno del 39 durante el cual miembros de su familia encontraron refugio en Digne.

Traducción Elodie Perez

(2) Archives communales Digne-les-Bains, Fonds Guy S. Reymond – Aimé Martel